Témoignages généraux de patients 
Maladies rares et ou génétiques

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LRS : S'adapter, se reconstruire et rebondir.

« J’ai de la chance ! » par Ginette Rousseau
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Cela se passe dans mon centre de dialyse et concerne mon voisin le plus proche.



« Vous avez pris quatre kilos ! C’est beaucoup !

- Mais c’était le week-end, docteur ! - Je sais bien que c’est difficile, mais il faut faire attention.

- Ecoutez docteur, voudriez-vous avoir l’amabilité de m’expliquer les dangers de cette prise de poids, parce que j’ai commencé la dialyse sans trop de renseignements », énonce M.P. avec grande courtoisie.



Le médecin gentiment s’assoit, et commence une explication très claire : risques cardiaques, hypertension, œdème pulmonaire...



« Je renchéris en racontant qu’il m’est arrivé une nuit de respirer avec peine, de tousser à chaque inspiration et d’attendre avec angoisse que le matin arrive pour aller dialyser ce qui m’a apporté du soulagement. » Dis-je à mon tour, à M.P. ou…. dit alors GR dialysée à ses côtés.

« Vous avez eu de la chance de ne pas vous retrouver aux urgences. ! » reprend la néphrologue M.P continue à poser des questions qui paraissent élémentaires mais qui montrent combien l’information reste pour lui, encore trop succincte. Le téléphone sonne, le médecin s’éloigne …



Nous en profitons pour continuer à deviser agréablement avec mon cher voisin, et je l’interroge sur l’histoire de sa maladie .

« J’ai quatre vingt trois ans, et ma maladie est liée à mon âge. Je consultais régulièrement à Necker. A la fin d’une consultation, le professeur G. me dit qu’on allait me garder à l’hôpital, que j’étais en train de faire un œdème pulmonaire. Surpris, je m’étonnais, en effet je me sentais bien un peu fatigué dans le bus qui me menait à l’hôpital, mais j’attribuais cela à l’âge…



"Aussitôt branle-bas de combat me concernant : prise en charge, puis dialyse rapide, heureusement la fistule avait été préparée un an auparavant.



On me montra un film sur la dialyse, très bien fait, et en route pour trois séances par semaine ! Elle est charmante cette néphrologue, mais je n’ai pas osé lui dire le fond de ma pensée.

J’ai quatre vingt trois ans, et j’ai beaucoup de chance. J’ai de fait la chance d’arriver si tardivement en dialyse, ce qui m’a permis d’exercer mon activité professionnelle jusqu’à soixante dix ans et de continuer à voyager. J’ai également la chance de dialyser à cinq minutes à pied de chez moi, ce qui m’évite les contraintes de transport. J’ai la chance d’être entouré par ma famille sans les ennuyer avec mon problème de santé …Et en plus j’ai la chance de vivre … »



Devant mon étonnement il précise : « J’ai fait la guerre, j’ai été déporté, j’en suis revenu, j’aurais dû mourir à vingt trois ans ; chaque année qui passe est pour moi une bénédiction !

Je suis dialysé, je prends cela avec philosophie… Alors vous comprenez que de prendre quatre kilos dans un week-end !... »



Bel exemple d’optimisme ! Nous avons reçu également ce courrier : « Je viens de lire avec intérêt Rein-échos n°1. Depuis mai 2005 je suis dialysé trois fois quatre heures par semaine.

Seul dans la vie, 80 ans ½, épouse avec Alzheimer décédée en janvier 1996, comment finirait ma vie si je cessais ce traitement et éviter ainsi la décrépitude et les dégradations physiques (œdème – étouffement – embonpoint énorme, survie de deux semaines).



Je comprends parfaitement que cette éventualité ne soit pas l’objet d’un article dans cette revue. Avec mes remerciements. Bien à vous, signé P.V. »



Vivre âgé en dialyse et bien que l’on meure très rarement d’IRCT, mais plus souvent des complications qui lui sont liées, ne rassure pas toujours. Relativiser n’est pas donné à tout le monde…

Les plus optimistes sont parfois les plus estropiés dans les centres lourds, c’est dire l’importance d’un accompagnement psychologique et d’IDE à la hauteur du problème éthique concernant l’accompagnement des dialysés âgés.



Cela fera donc l’objet d’articles dans de futurs numéros de Rein-échos, en effet, si nos lecteurs partagent les mêmes problèmes (une maladie chronique dont on ne guérit pas), nous n’ignorons pas les problèmes qui concernent les plus jeunes, comme ceux qui concernent particulièrement les plus âgés d’entre nous. Courage...courage...courage, il faut tenir, la science avance à grand pas, elle nous sauvera.



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 Polykystose familiale, témoignage
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Je suis parti de mon grand père maternel, c’est le plus loin que j’ai pu remonter. Notre grand père est décédé en 1942 à 62 ans d’une crise d’urémie. Notre mère est décédée en 1968 à 58 ans d’une crise d’urémie. Il y avait la maladie rénale décédée par le médecin traitant, mais le dialyse n’en était qu’à ses débuts, et l’état de santé de notre mère était trop déficient pour tenter de la dialyser, aux dires des médecins néphrologue. Son frère est décédé à 64 ans d’une crise d’urémie également.



Nous sommes trois frères avec une polykystose, et tous trois en dialyse. Aucun d’entre nous trois n’a les mêmes symptômes. Pour l’aîné, moi-même (Jean), né en 1935, les premiers signes de la maladie sont apparus en 1975, j’avais une tension à 11 régulière.



Mon épouse a été opérée une première fois du cœur en septembre 1975, la tension a commencée à monter.

Nous avons mis cela sur le compte de stress consécutif à l’opération de mon épouse. Au fil des mois la tension a continué à monter, et les analyses de sang à se dégrader. J’ai également fait une hématurie qui a duré trois mois (en 1981) soignée par des piqûres de REPTILASE (180 environs) n’ayant pas de résultat le néphrologue a décidé de les arrêter. Bizarrerie du corps humain, le lendemain d’avoir arrêté les piqûres l’hématurie s’est arrêtée. Je suis arrivé en dialyse en mai 1982, avec les aléas liés à la dialyse comme beaucoup.

En mars 1984, suite à un accident du travail choc violent du côté gauche qui m’a value l’éclatement du rein, décelé au bout de 2 jours ½ (soigné pour une crise de colique néphrétique au départ) une hémorragie interne qui m’avait vidé d’environ 3,5 litres de sang et qui a entraîné 2 jours de coma.



Mais je dois dire MERCI aux deux médecins qui m’ont récupéré au bord du trou, les docteurs Michel FORET et François BAYLE. J’ai donc subi une néphrectomie gauche (rein de 3,500 kgs), et les dialyses sont reparties jusqu’en septembre 1989. Entre mars 1984 et septembre 1989, j’ai subi un certain nombre d’interventions chirurgicales, plusieurs éventrations sur la cicatrice de la néphrectomie, une hernie hiatale, prothèse des hanches bilatérale, problèmes liés aux corticoïdes. Le 2 septembre 1989, j’ai eu la chance d’être greffé. La greffe a tenu sans trop de problèmes jusque début 2006.



Je tiens à dire un grand merci et ma profonde reconnaissance à ces personnes inconnues qui m’ont permis d’avoir une vie presque normale pendant 16 ans. En février 2006, retour en dialyse avec passablement de problèmes, dus à l’entêtement d’un néphrologue qui tenait absolument à me faire perdre du poids, (syncope, chute de tension, perte d’une forte partie de la masse musculaire, faiblesse générale), j’ai changé de centre et c’est rentré dans l’ordre. J’ai toujours mon greffon, ce qui me permet « d’avoir l’avantage » (sic) de ne dialyser que deux fois par semaine, ayant une diurèse de 1 litre à 1,5 litres sur 24 heures.



Les analyses étant aussi correctes qu’elles puissent l’être pour un dialysé. En avril 2006, j’ai subi une résection de la prostate, avec à la sortie de l’hôpital en prime une maladie nosocomiale, 6 mois de traitement trithérapie d’antibiotiques, ce qui m’a permis de devoir subir en octobre 2006 une orchidectomie.

Nous avons eu trois filles, la seconde née en 1964, décédées en 2001 avait la polykystose. Elle dialysait depuis deux semaines quand elle est décédée d’une rupture d’anévrisme à l’aorte, suite à un examen qu’elle n’aurait jamais due subir.



Notre fille aînée n’a pas de polykystose, mais de temps en temps des crises de coliques néphrétiques. Notre dernière fille n’a pas, non plus, de polykystose, mais elle a très souvent des pyélonéphrites. Nous avons deux petits fils de notre fille aînée : L’ainé (né en 1979) n’a pas (après des examens) de polykystose, et ce dernier papa d’une petite fille de 8 mois, il semblerait pour l’instant que cette dernière n’a rien non plus (aux premiers examens de naissance).



Le second né en 1986 est suivi sur le plan rénal, il présente une suspicion de kystes ou de polypes. Mon second frère (Gérard) né en 1941, dialyse depuis 16 ans, il n’a jamais eu de douleurs, ses dialyses se passant normalement, il n’a jamais été candidat à la greffe. Pour sa fille il n’y a pas non plus de polykystose, mais également des pyélonéphrites fréquentes. Le dernier des frères (René) né en 1949.



Nous avions déjà une forte suspicion de la maladie pour lui, puisqu’il avait été exempté de l’armée pour un taux d’albumine très élevé. Il a ressenti les premiers effets de la polykystose en 1995-1996, coliques néphrétiques à répétition, douleurs, hématuries des deux reins. En 2005, les néphrologues ont décidé de lui enlever un rein qui était censé saigné le plus.



Néphrectomie gauche (aussi) son rein pesait 3,800 kgs, le chirurgien devant la grosseur du rein a du lui enlever une côte pour le sortir. Il a eu un rétablissement très difficile après l’opération, physiquement et moralement. Il dialyse actuellement trois fois par semaine, avec des hauts et des bas. Il est candidat à la greffe, mais avec un groupe sanguin bien spécifique (B) cela ne facilite pas les chances de trouver un donner compatible. Son fils né en 1981 a également la polykystose décelé au cours d’un examen sanguin, il est suivi par un néphrologue. Pour information, les deux frères, l’aîné et le dernier ont les mêmes symptômes lors d’une poussée de potassium (fourmillement dans les membres inférieurs et supérieures, difficultés de prononciations etc.) alors que le second les poussées de potassium lui donnent plus des réactions d’étouffements oedèmes pulmonaires, pas de fourmillement dans les membres, mais des douleurs. J’espère vous avoir donné le plus de renseignements possible sur le cheminement de la polykystose sur plusieurs générations. Nous conservons votre anonymat pour votre famille, mais vous remercions pour ces confidences cher Monsieur. Le président de la LRS Votre vécu intéresse ceux qui tombent chaque jour à leur tour et trop rapidement encore, dans la maladie, vos astuces de vie, votre parcours intéresse tout le monde.


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Jetez vous à l'eau....
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Les mortiers viets pilonnent Eliane II que les paras français du 8e Régiment de Choc ont repris à la faveur d’une nuit. Comme en 14, à la baïonnette. Perte : trois cent morts en deux heures.

L’aube du 21 avril 1954 se profile sur ce piton sanglant qui domine Dien-Bien-Phu.



Le lieutenant Bernard Hay, vingt-quatre ans, moniteur parachutiste des troupes aéroportées de Pau, engagé volontaire, n’a pas besoin qu’on lui fasse un dessin : il est salement touché. Des éclats d’obus l’ont cloué au sol, paralysé. Deux de ses hommes l’évacuent dans une toile de tente. Un mitrailleur Viêt les ajuste : fauchés tous les deux.



B. H, lui, reçoit un fragment de balle explosive dans le rein droit. Évanoui, il est laissé pour mort sur le terrain. Vers 10 heures du matin, les troupes Viêt Minh reprennent le piton. A coup de baïonnettes, ils s’assurent que leurs ennemis sont tous morts. Le lieutenant Hay ne bronche pas quand la lame lui perfore le postérieur : le bas de son corps est insensibilisé par la mitraille dont est criblée sa colonne vertébrale. Toute la journée, la bataille se poursuit par dessus les morts et les blessés. La nuit suivante à 2 heures du matin, la contre-attaque d’un bataillon de la légion déloge une nouvelle fois l’ennemi. Un médecin se penche sur le corps du lieutenant H. : « Bon Dieu, il n’est pas mort !... ».



L’antenne chirurgicale de Dien-Bien-Phu faisait ce qu’elle pouvait, avec les moyens du bord. « On nous a mis dans un trou ».



Jour après jour, l’étau se resserre autour du camp. Submergés, les Français capitulent le 7 mai. Le lieutenant H. prend le chemin de la captivité sur un brancard porté par ses compagnons : « Ils m’avaient ficelé comme une momie, avec une planche dans le dos ».

Les Viets ne font pas de détail blessés ou non, les prisonniers reçoivent 200 g de riz par jour. Huit mois plus tard, après les accords de Genève, les libérations commencent... Sur son brancard, B. H. ne pèse plus que 32 kg; il en a perdu 40.



On l’opère une première fois à Hanoï. « On a décollé la planche que j’avais dans le dos comme une feuille de papier à cigarette. Ce qui m’a sauvé, ce sont les asticots qui avaient dévoré toutes les chairs mortes. Je revois encore les infirmiers les saisissant un par un avec une pince et en remplissant un bocal ». On compte aussi les éclats d’obus qu’on lui retire de la colonne vertébrale : 32. Mais l’opération ne lui rend pas l’usage de ses jambes. On le rapatrie par mer. « Si je m’en tire : c’est Lourdes... » « Saïgon-Marseille : 31 jours de bateau, 600 blessés dans la cale, un hublot pour 40. Pas de chambre froide pour les corps de ceux qui mouraient ».



A Paris, aux Invalides, il reçoit des soins intensifs. Mais reste paraplégique et son rein droit est perdu. Lourdes, mai 1956, B.H., fidèle à sa promesse participe au pèlerinage militaire, contre l’avis formel de son médecin qui lui a fait signé une décharge. « Pour me brancarder, je tombe sur une bande de gaziers dont j’avais été l’instructeur à Pau. Mon lieutenant, on vous emmène !... ».

D’abord au bistrot, évidemment, mais il fini cette tournée à la piscine de la Grotte. Là au lieu de le descendre doucement ils le laissent tomber sur l’arête de granit de la piscine. « Comme d’habitude c’est ma colonne vertébrale qui trinque. Mais comme d’habitude aussi, je ne sens pratiquement rien ». Le pèlerinage terminé, retour aux Invalides.



C’est alors que l’infirmière qui le soigne s’aperçoit qu’il peut remuer l’orteil droit. « ce qu’aucun médecin n’était parvenu à obtenir depuis quatre ans, cette chute l’avait réalisé : la décompression de la moelle épinière. Ils m’ont mis illico en rééducation intensive. Vous voyez le genre : deux ans et demi pour réapprendre à marcher ».


Lourdes, 1962. B.H., auquel une simple canne suffit désormais pour marcher normalement, se met à son tour au service des malades, comme hospitalier (association de bénévoles). Les manutentions lui sont interdites mais il est chargé du protocole à la Grotte, service qu’il assurera cinq mois par an.

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L’insuffisance rénale Douze années passent.

Un jour, un chirurgien des Invalides lui dit : « Vous devriez passer un examen au Val-de-Grâce, votre rein gauche est en mauvais état ». C’était vraiment embêtant parce qu’entre temps, on m’avait enlevé le rein droit...

Au Val-de-Grâce, le néphrologue n’y est pas allé par quatre chemins : « Entre militaires, pas de problème; d’ici dix-huit mois, c’est le rein artificiel ».

Une pilule dure à avaler D’autant plus difficile qu’il n’était plus seul en cause. L’année précédente, lors de son séjour à Lourdes, B.H. avait retrouvé Anne-Marie, une infirmière sage-femme, avec laquelle il avait sympathisé chez des amis communs, lors d’une unique soirée... et quinze ans plus tôt!

Cette fois, il était question de mariage. « Mais un délai de réflexion s’imposait, remarque-t-il. A quarante-cinq ans, j’avais tous les défauts d’un vieux célibataire, sans parler de mon état physique ». En 1975, à huit jours d’intervalle, B. épouse Anne-Marie et se retrouve sous dialyse, comme le néphrologue le lui avait annoncé. Une nouvelle vie et une nouvelle épreuve commencent, mais ils sont deux à la porter.

Et Lourdes..? Pas question d’y renoncer!

C’est alors que B. et Anne-Marie H. découvrent quel véritable parcours du combattant se dresse devant les milliers de dialysés de France qui seraient aptes à voyager : où trouver un centre de dialyse qui ne soit pas saturé pendant les vacances ? « On est allé à Pau, à Tarbes, et jusqu’à Bayonne, se souvient Anne-Marie : depuis Lourdes, 250 km aller et retour, trois fois par semaine, de préférence la nuit pour ne pas perdre de temps ».

Un jour, B.H. se rend au centre de dialyse de Pau dans la voiture d’un ami prêtre, le père L…., lui aussi dialysé. « Je ne me rappelle plus lequel de nous deux conduisait au retour, mais nous avons bien failli ne jamais rentrer. Cinq heures d’épuration, c’est épuisant; nous avons dû nous arrêter en catastrophe au bord de la route. Au réveil, l’abbé me dit : « B…, on est des idiots!

Pouquoi ne pas créer un centre à Lourdes ? ».

C’était en 1978. L’idée mûrit pendant deux ans. “Nous avons rencontré beaucoup de scepticisme, me dit Anne-Marie H., mais il faut reconnaître qu’à première vue, c’était fou. Un générateur d’hémodialyse coûte à lui seul plusieurs centaines de milliers de francs. Alors construire tout un centre...

C’est pourtant cette année-là, en 1980, alors que tout semblait bloqué, que les premières portes se sont ouvertes. Rétrospectivement, nous nous sommes rendu compte que les choses ont commencés juste après la mort de l’abbé L. C’était lui qui avait eu cette idée; du ciel, il commençait à la réaliser ». Le centre de dialyse Le 29 septembre 1981 est créée l’association des “Amis des Pèlerins Dialysés à Lourdes” (a.p.d.l), présidé par Bernard Hay.



Mais le plus dur reste à faire : obtenir l’autorisation ministérielle de créer à Lourdes un “Centre de dialyse de vacances”. Rien de tel n’existe en France et le Ministre de la Santé de l’époque rejette le dossier. Quand on a pris d’assaut Eliane II, on ne renonce pas pour si peu. En 1983, le second dossier présenté par B.H. et Anne-Marie H. est accepté.

L’arrêté ministériel paraît au Journal Officiel du 19 janvier 1984. « ...à titre novateur et expérimental... » Depuis cette victoire, les choses sont allées très vite mais non pas toutes seules.

Un terrain est trouvé : trois ha sur le coteau de Bartrès, le village où Bernadette Soubirous allait garder les moutons.



De cet endroit, les malades auront une vue imprenable sur tout le sanctuaire de la Grotte et sur les Pyrénées.

« Encore une folie. Nous avons acheté le terrain sur le conseil d’un ami bénévole, sans même avoir eu le temps de le voir nous-mêmes, raconte Anne-Marie Hay. Et nous avons signé alors que nous n’avions pas un centime devant nous. » Il fallait 17 millions de francs (2,6 millions d’euros) pour couvrir l’ensemble de l’opération, terrain et construction, sans aucune aide de l’Etat, de la Région, du Département.

Aujourd’hui, les investissements de 1985, ont été essentiellement payés par la participation personnelle des 9000 membres de l’A.P.D.L qui se sont succédés.



La création du centre a suscité un immense élan de solidarité à Lourdes et dans tous les diocèses, en France et à l’étranger. « Il faudrait un livre pour raconter ces gestes bouleversants de générosité dont notre association bénéficie chaque jour », remarque Anne-Marie H.. C’est un dialysé d’Ecosse qui a posé la première pierre du centre Saint Jean le Baptiste, le 10 Février 1985 : Monseigneur R…, évêque auxiliaire de Glascow.

Ses diocésains lui avaient remis pour le Centre un chèque de 45.000 €. En ce début du mois d’avril 1986, tout s’achève ou plutôt tout commence au centre de dialyse Saint Jean le Baptiste flambant neuf. 24 malades pourront être traités quotidiennement par huit générateurs.



B.H. restait un grand malade mais personne ne pouvait le deviner, il a continué sans répit à lutter dignement, pour ses amis dialysés qu’il appelait ses compagnons de douleur.

Une troisième étape dans la souffrance fut franchie dès 1990. Une série d’opérations devait le priver d’une de ses jambes et deux ans après c’était la seconde qui devait être sacrifiée.

Mais au fur et à mesure que l’épreuve le touchait dans son corps, son rayonnement grandissait.

Le 29 mai 1994, il recevait la cravate de Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’Honneur des mains du Chef d’Etat Major des Armées alors que celle de commandeur dans l’Ordre de Saint Grégoire le Grand était remise par monseigneur Dubost, Evêque aux Armées.



B.H., nous a quittés le 5 septembre 1995, il repose dans le parc du centre de dialyse Saint Jean le Baptiste. Fidèle à sa promesse prononcée en 1954, il est à Lourdes, il est dans nos cœurs et dans celui des milliers d’insuffisants rénaux qui grâce à lui peuvent enfin venir à Lourdes.

Aujourd'hui Anne-Marie H., avec le soutien des 1500 membres actifs de l’association continue l'œuvre de son mari, Bernard, à la Présidence de l’A.P.D.L. Association A.P.D.L Centre de dialyse saint Jean le Baptiste Route de Bartrès 65100 LOURDES Tel : 05.62.94.98.38


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 The day my father decided to stop dialysis
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I posted this thread to give people an idea of how long a person will have, their symptoms and mainly to realize that we need to leave our feelings aside and be strong and show as much love and support when a person decides to stop dialysis.

My father was a strong man. He was a singer and musician.

He was a father of 6 boys and 5 girls. He had such a strong will despite his long battle to fight his diabetes, dyalisis of 6 years (4 hour sessions 3x's a week), amputated leg/fingers and heart attacks + strokes that he suffered.

No one can understand a person unless they've actually lived or been in the situation.

My father suffered for so many years with his illness and no one knew more than him how much he was suffering. My mother and brother were the only ones apart from him who knew the suffering my father went through, because they lived with him, cared for him and put up with his frustrating and tiring illness and condition; almost 8 years.

God bless them.

He always stated he was going to die and each time he was rushed to the hospital or the ICU, we thought and said amongst ourselves, "This is it. He's going to die this time."

And to our surprise, my father would fight through it. It became a habit to some extent; thinking that my father was going to die and wouldn't because we knew he was strong.

He became very depressed and agitated as years progressed and would show it with rude behavior. His character wasn't too different prior to his illness, so as I write this, I realize my father handled his illness very well despite his condition. So, my father's final days.

It was October 2008. He suffered his final stroke and was put under heavy medication that supressed his coherence.

At the time, no one knew why he was not concious. He was not talking, his eyes were shut as though in a comma and my family said it was extremely sad to look at because he looked like someone else; not at all like our father. Everyone thought seriously he was going to die.

I was lucky not see him this way because

I live in a different state. My sister waited to call me because she wasn't quite sure if it was going to be another false alarm.

She called my husband 2 days later because

I had a D&C the day my dad had the stroke.

I found out 2 days after his stroke and flew 2 days later. When I got to the hospital, my father was awake and began having symptoms of hallucination.

He was calling out to people and talking to people he knew from the past; then close his eyes and go to sleep. He was like that for a few days until the medication he was on was filtered out through the dialysis.

It was then when we realized he was unconcious because of the medication he was put on after his stroke. He had been throwing up many times through out the day for almost 2 weeks.

He couldn't keep anything down. The doctors said they could no longer keep him in the hospital.

They said he had to be watched by family 24 hrs to make sure someone could raise him to allow him to vomit the liquid.

My father was unable to raise himself because he had no strength to do so. He was released and a few days later and 3 days later was admitted to another hospital because he began throwing up during dialysis at the center.

The doctor said ammonia was building up and toxins were building up and might lead him to go in a state of comma. At this point he was still doing dialysis but was not concious once again. He had an oxygen mask and the doctor also stated the oxygen and the dialysis is what's keeping him alive. They stated that they would do an incision to flush out some of the toxins.

My father had not eaten any food for almost 2 weeks. The doctors were expecting for him to die soon because of the ammonia levels. They asked us to consider the decision to perhaps stop the dialyis or take the oxyen off because there was no way to appreciate the quality in life he was in.

It was true that our father was not in a state to appreciate the condition of health or state of mind. But no one dared to make the decision to stop dialysis or to take the oxygen mask off.

His ammonia levels went down and would be released soon because they could not keep him any longer. Initially he was admitted in the hospital because he was throwing up at the dialysis center. At the end of his hospital stay,

I stayed the last night with him and the next morning, they gradually reduced the oxygen until they made sure he could breath on his own. He was a bit alert. We were happy for the moment. I flew back to my home on Holloween.

He was alert and aware of what he was saying and made the decision to stop dialysis.

This was a relief to me personally because I felt this might have taken a huge burden from my mother knowing that she didn't make the decision to stop dialysis when he wasn't coherent and now she wouldn't be the one to make the decision.

He said he was frustrated living the way he was, tired and just wanted to die. He used to say that before all the time but this time he made it really clear.

He made it easy on my mother and us to make the decision on his own, to stop dialysis.

My family convinced him to go back to dialysis, then on his next session didn't go and then went back the next session.

He was like that for a week; on and off. Everyone wanted him alive of course. But I told my sister we needed to respect his decision because he is the one that is living in the condition he is in, ever single day and night for the past 7 years.

He went one day, skipped the next session, then went back then decided to fully stop. November 11, 2008 I flew to see him and on the 14th of November he completely stopped the dialysis.

The count down began and we thought we were prepared mentally.

We were not. His toxins began building up gradually and he could feel it in his back (lungs) and chest (airways), we didn't know how he felt. He was extremely restless and always complaining about his back, he wanted to eat but could not hold nothing down again. You need to realize that when a person goes off dialysis, there is NO FILTRATION.

My father had not urinated in almost 2 months and all of those toxins began buliding up inside the lungs, stomach and anywhere the toxins can go. He began throwing up again.

But it wasn't really vomiting, it was more coughing than anything that then led him to gag and then vomit.

On the 22nd, Saturday my father told my sister and I that in 5 days he would die.

But it didn't seem like it would happen. Those last 5 days before his death, he was a bit better as the days counted down.

He was talking more and recognized everyone that asked him "Do you know who I am?" He would answer yes.

The night before his death, I honestly felt he needed to be put back on dialysis because it seemed like nothing was wrong with him.

I suppose I felt like that because a person that comes off dialysis, dies within the week and live no more than 2 weeks.

Also, I thought that we would see physical condition that would show that he is dying.

I really didn't know what to expect but I just felt as though it wasn't going to happen because I didn't want him to die; I was fooling myself more than anything.

On Wedneday, he wanted to get off the hospital bed we had for him in the house and he wanted eat. I hugged my father and helped him as much as I could because he was still throwing up.

He felt so cold because his circulation was not strong.

He wanted to eat so we gave him a bit.

We were in a way fooling ourselves thinking nothing was going to happen because it had been exactly 2 weeks since being off dialysis. He was so tired, and so restless.

He wasn't comfortable in any position because of the toxins not allowing him to be comfortable.

On November 27, 2008 at about 5:45 A.M. the demise of my father came.

He died at age 66. Two weeks and 1 day after being completely off dialysis; the toxins had literally reached to the point that he could no longer breath and his circulation had stopped.

Everything stopped.

I still don't accept his death. I still don't believe it happened. As many times that I had to fly to see him in 5 years of flying back and forth, going to the hospital ; I thought I was mentally prepared. We always said "He's going to die, this is it." We'd been saying this since 2001.

We were not prepared for this.

As many times as we thought and said we were, WE WERE NOT PREPARED.

You never are ready to accept death. It's impossible to believe; see a body and see that there no longer is a soul.

Love the ones that are close to you. Let go of everything.

Don't hold on to nothing that keeps you from being close to the ones that matter. You only live once and you only have one father and one mother.

Love your siblings and don't hold grudges. Once they are gone, the worse way to live is to live your life with regrets

Everyone's case is different. But doctors have stated that when a person who has chronic kidney failure and that person decides to stop dialysis, they will eventually live no longer than 2 weeks.



Un récit poignant à suivre le parcours de Ginette Rousseau de la dialyse à la transplantation foie rein : témoignages GR1, GR2 et GR3....Bonne lecture.